Prise en charge des douleurs chroniques

Hauts-de-France : une plateforme pour identifier les ruptures de parcours

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Publié le 17/12/2018
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C'est une première dans les Hauts-de-France.

Les patients de la région souffrant de douleur chronique peuvent désormais participer à une enquête sur leur parcours de santé. Son but : identifier les ruptures de prise en charge. Cette étude est menée par une start-up lilloise, Heroic santé, avec la Société française d'étude de traitement de la douleur (SFETD), l'Association francophone pour vaincre les douleurs (AFVD) et l'ARS Hauts-de-France. 

« Nous voudrions savoir d'abord ce qui fait qu'aujourd'hui, une partie de la médecine générale n'oriente pas les patients vers les structures qui prennent en charge la douleur, et d'autre part ce qu'est le parcours de nos patients, car on ne le sait pas », souligne Véronique Barfety, psychologue et secrétaire générale de la SFETD. Les structures spécialisées douleur chronique (SDC) se trouvent en établissement de santé. Il peut s'agir de centres ad hoc ou de consultations. La région en compte 25. 

Or, regrette Véronique Barfety, il se passe cinq ans en moyenne entre la première consultation auprès du généraliste et le moment où le patient douloureux chronique arrive dans l'une de ces structures ! « Que se passe-t-il durant ces cinq ans, s'interroge la secrétaire générale, où le parcours dysfonctionne-t-il ? »

200 patients audités

Pour tenter de résoudre ce problème, l'enquête proposée aux patients des structures SDC des Hauts-de-France porte, en 84 questions, sur le type de douleur chronique, leur parcours de santé, l'historique ou les spécialistes déjà consultés. La réponse au questionnaire en ligne peut prendre 35 à 50 minutes mais cette enquête rencontre « beaucoup de succès, observe Véronique Barfety. Les patients sont prêts à être acteurs ». En six semaines, « un peu plus de 200 personnes ont répondu, explique Philippe Mougin, président d'Héroic santé. Nous souhaitons atteindre les 1 000 répondants d'ici fin janvier. »

L'analyse des questionnaires devrait débuter en février. La connaissance des fragilités et des ruptures dans le parcours de ces patients devrait ainsi faire un bond. Pour Philippe Mougin, les « zones de rupture principale sont souvent liées à des logiques de coopération et de coordination ». 

 

De notre correspondante Géraldine Langlois

Source : Le Quotidien du médecin: 9711