CHAPITRE 5 : CONDUITE À TENIR

Publié le 06/12/2013
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A l'issue de cet examen, on est capable de savoir s'il s'agit d'une pathologie scapulaire locale d'origine dégénérative ou si on est en présence de douleurs d'une autre origine projetée à l'épaule.

Quelles sont les pathologies à éliminer ?

Elles sont très variées et parfois graves, bien que beaucoup moins fréquentes que les pathologies d'épaule proprement dites :

- Les affections viscérales : il peut s'agir d'une affection hépatique, splénique, cardiaque, pulmonaire (se méfier notamment d'une tumeur de l'apex pulmonaire ou syndrome de Pancoast-Tobias, justifiant d'un cliché thoracique au moindre doute).

- Les affections neurologiques sont particulièrement trompeuses : paralysie du deltoïde par atteinte du nerf circonflexe, paralysie du grand dentelé (donnant un décollement de l'omoplate), paralysie du nerf sus-scapulaire (avec atrophie des fosses sus ou sous-épineuses), syndrome de Parsonage et Turner, syndrome du canal carpien.

- Les affections vasculaires : syndrome du défilé défilé costo-claviculaire dépisté par la diminution du pouls lors de l'élévation du bras.

- Les affections cervicales : On parle d'épaule cervicale car toute atteinte du rachis cervical peut donner des douleurs projettées à l'épaule +++.

Quelles sont les pathologies de l'épaule les plus fréquentes ?

› La capsulite rétractile est de diagnostic facile car il existe, à la phase d'état, une limitation active ET passive de l'épaule. Il s'agit souvent de femmes qui, spontanément ou à l'occasion d'un traumatisme souvent minime, se mettent à avoir des douleurs scapulaires mal définissables, volontiers nocturnes. Après cette phase inflammatoire survient une phase de rétraction avec diminution des amplitudes articulaires et douleur moins prononcée.

› La tendinopathie calcifiante de l'épaule : elle peut se présenter comme une épaule aigue hyperalgique ou douloureuse chronique avec signes cliniques de conflit sous-acromial. La phase aigue est liée à la résorption de cristaux d'hydroxy-apatite dans la bourse séreuse sous acromiale. En phase chronique, les calcifications siègent en regard de l'insertion des tendons de la coiffe des rotateurs. La fréquence de la pathologie calcifiante de l'épaule explique l'intérêt de la réalisation systématique de la radiographie standard.

› L'épaule sous-acromiale ou « impingement syndrome » : c'est la pathologie d'épaule de loin la plus fréquente en pratique. La souffrance tendineuse peut être aigue ou subaigue, c'et le stade I de Neer (en principe réversible), chronique ou stade II (fibrose tendineuse), c'est le plus fréquent ; terminal ou stade III, c'est le stade de perforation trophique de la coiffe des rotateurs, pouvant donner une symptomatologie d'impotence fonctionnelle sévère (épaule pseudo-paralytique). Les manœuvres cliniques de provocation de la douleur permettent un diagnostic topographique très précis de l'atteinte tendineuse.



Source : lequotidiendumedecin.fr