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Covid-19 : la HAS anticipe une campagne de vaccination à l’automne

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Publié le 25/05/2022
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Dans une recommandation adressée aux pouvoirs publics, la Haute Autorité de santé préconise d’anticiper une campagne de vaccination anti-Covid-19 à l’automne. Et ce, face à un scénario d’évolution de la pandémie qu’elle considère comme probable.

Après deux ans de décisions au jour le jour, la lutte contre le Covid-19 est-elle en voie de s’organiser à moyen, voire à long terme ? C’est ce que suggère une recommandation de la Haute Autorité de santé (HAS) adressée ce 25 mai aux pouvoirs publics, qui préconise d’anticiper une nouvelle campagne de vaccination à l’automne.

En pratique, cette campagne de vaccination devrait viser surtout les populations les plus à risque de forme grave de Covid-19, « en particulier les personnes immunodéprimées et leur entourage, les personnes de 65 ans et plus ou présentant des comorbidités identifiées comme étant à risque de forme grave », détaille la HAS. L’instance préconise aussi, « d’envisager la vaccination des professionnels de santé ».

Et pour faciliter la mise en place de cette campagne d’un point de vue logistique, l’autorité sanitaire propose de « coupler la campagne de vaccination à celle de la grippe ». « En l’absence de vague épidémique liée au Covid-19 d’ici l’automne prochain, la date de début de la campagne contre la Covid-19 (pourrait être) déterminée par la date de début de la vaccination contre la grippe saisonnière », précise la HAS.

Organiser à moyen terme la stratégie anti-Covid-19

A l’origine de cette recommandation se trouve la volonté de prévoir plus en amont la stratégie de vaccination anti-Covid-19. Pour rappel, jusqu’à présent, les deux campagnes de rappel déjà lancées l'avaient été chaque fois face à une situation épidémiologique défavorable : suite à l’émergence de Delta, la HAS avait recommandé une troisième dose de vaccin, et mi-mars, en raison d’une baisse d’immunité et d’une recrudescence de l’épidémie due à Omicron, une 4e dose avait été ouverte aux plus de 80 ans puis aux plus de 65 ans « qui le souhaitent ». « La HAS avait alors annoncé qu’une réflexion approfondie serait prochainement menée afin d’aboutir à des recommandations relatives à une stratégie vaccinale anti-COVID-19 de moyen et de long terme. »

Premier élément pris en compte dans le cadre de cette « réflexion » : la situation épidémiologique française. Si celle-ci apparait actuellement favorable (diminution de la circulation virale ainsi que des indicateurs hospitaliers), les sous-lignages BA.4 et BA.5 d’Omicron – dont la proportion reste encore faible dans l’Hexagone – « pourraient devenir majoritaires dans les mois à venir » du fait de leur haute transmissibilité, et ainsi provoquer une nouvelle vague, comme en Afrique du Sud (et plus récemment au Portugal), suggère la HAS.

Et pour affiner cette projection, l’instance s’est servie de publications de l’Organisation mondiale de la Santé. « La HAS s’est appuyée sur ces travaux pour estimer trois scénarios possibles de circulation du SARS-CoV-2 en France à la rentrée 2022 et proposer pour chacun des scénarios, une stratégie vaccinale adaptée », explique-t-elle.

Un scénario intermédiaire jugé le plus probable

Premier de ces scénarios : celui, optimiste, d’un retour à la normale. « Les futurs variants qui apparaissent sont significativement moins sévères, l’immunité contre les formes graves est maintenue », et un rappel vaccinal n’est requis que chez les immunodéprimés pour réduire la morbi-mortalité associée au Covid-19.

Au contraire, la HAS a aussi imaginé un scénario bien plus pessimiste. « L’émergence d’un nouveau variant plus virulent entraîne une baisse de l’immunité contre les formes graves (et mortelles) et occasionne une nouvelle vague épidémique », nécessitant un rappel en population générale pour réduire l’incidence des cas graves, mais aussi réduire la diffusion de l’épidémie et éviter la paralysie du pays.

Mais c’est un scénario intermédiaire de reprise périodique que retient la HAS. « L’immunité baisse au cours du temps mais reste suffisante contre les formes graves pour une majorité de la population. » Une situation dans laquelle surviendraient des « pics de transmission entraînant une reprise épidémique périodique » requérant, pour réduire la morbi-mortalité liée au virus, la vaccination des publics à risque.

Un scénario pessimiste pas à exclure totalement

A noter que des questions continuent de se poser quant à la stratégie vaccinale associée à ce scénario intermédiaire. A savoir « la pertinence de vacciner les professionnels de santé et ceux exerçant dans les établissements accueillant des personnes âgées » mais aussi « la nécessité de vacciner l’entourage de personnes à risque ».

En outre, « compte tenu du caractère imprévisible de l’apparition de nouveaux variants plus sévères ou plus transmissible, la HAS recommande néanmoins de ne pas exclure la possibilité d’un scénario plus pessimiste, bien que moins probable, et, d’anticiper la nécessité d’une campagne de vaccination à plus large échelle, en population générale, en capitalisant sur les expériences acquises lors de la campagne de primovaccination contre la Covid-19 », insiste aussi la HAS.


Source : lequotidiendumedecin.fr